Deux arbres, deux nichoirs, aucun locataire
Michel Salas a parcouru hier une bande de végétation tropicale à la Fundación Loros, les yeux levés vers les arbres, jamais vers le sol. Le premier qu'il a rencontré était un mamón — Melicoccus bijugatus — grand et touffu, ceint d'une bande blanche autour du tronc pour tenir à distance les grimpeurs indésirables. Le nichoir était déjà en place entre ses branches, mais l'arbre s'est présenté sans fruits : ce n'est pas encore sa saison.
À quelques mètres, un autre arbre attendait avec plus de générosité. Le mamey — Manilkara zapota, de la famille des Sapotaceae — arborait ses fruits mûrs à la peau rugueuse et à la teinte brun-rougeâtre, suspendus dans le feuillage dense. Sur le tronc, des plaques de métal faisaient office de bouclier contre tout animal qui aurait eu l'idée de grimper. Lui aussi avait son nichoir, lui aussi installé de longue date, lui aussi vide.
Deux postes préparés, deux portes ouvertes. Il n'y avait personne à l'intérieur ce dimanche-là, mais les nichoirs sont toujours là, pointant entre les branches sous un ciel nuageux de mars, à attendre le locataire qui n'est pas encore venu.